INTERVIEW AVEC JAZA

INTERVIEW AVEC JAZA

Nouvelle figure de la musique électronique au Maroc et que vous retrouvez derrière les platines du 3ème anniversaire de RE:Creation, collectif dont il est Co-Fondateur.

Bonjour JAZA 

Quel est ton premier souvenir ou lien avec la musique ?

Je n’ai pas de premier souvenir déterminant. Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu un attrait pour la musique, ayant toujours baigné dans un environnement musical et artistique. De par mon père qui a toujours écouté du blues, du jazz et de la Soul R&B, et de par ma sœur et mes cousins qui sont tous d’excellents musiciens. J’ai moi-même pratiqué depuis mon plus jeune âge des instruments de musique et ai appris le solfège. Toute mon enfance et aujourd’hui encore, la musique a été une part constante et importante de mon développement personnel.

Comment est arrivée l’envie d’en faire un métier ?

Tout d’abord, je n’en ai pas encore réellement fait mon métier. C’est en premier lieu une passion qui a pris de plus en plus de place dans ma vie courante. Ensuite, ce sont les circonstances et les rencontres que j’ai faites qui m’ont permises d’intégrer ce milieu. Ayant lancé avec l’aide de mon ami et aujourd’hui associé Bouchta Abbadi, nous avons été surpris de l’engouement des gens pour notre projet. Cette relation que nous avons construite avec notre public est la raison pour laquelle, sans en faire notre métier, nous prenons toujours du plaisir à organiser ce genre d’événements, dans lesquels j’ai fait mes premières armes en tant que DJ.

Comment ça se passe au Maroc pour toi en tant que dj ?

Pour être honnête, depuis plus d’un an, je vis entre le Maroc et la France. Je ne suis donc pas la meilleure personne pour pouvoir témoigner de la vie de DJ au Maroc. Néanmoins, dans mon cas, à chaque fois que j’ai dû jouer au Maroc, à Rabat ou ailleurs, j’ai presque toujours eu de très bonnes expériences, que ce soit avec le public ou les organisateurs. Toutefois, de par de nombreuses discussions avec mes collègues DJ, et promoteurs, je suis conscient que dans certains cas de booking, une certaine opacité est présente, qui peut être potentiellement nuisible pour tous les acteurs de la scène électronique marocaine.

Que penses tu de l’évolution de la scène électronique au Maroc et qu’est ce qui manque le plus d’après toi ?

Il faut tout d’abord reconnaître que le Maroc prend de plus en plus de place sur la scène internationale, que ce soit par le calibre de ses bookings, par la nature de ses événements, mais aussi par le biais de certains artistes marocains qui se produisent de plus en plus à l’étranger. Des festivals de l’ampleur d’Oasis en sont une claire illustration, et des DJ marocains tel que Amine K, en sont les acteurs majeurs.

Ceci est un signe irréfutable de progrès, mais il y a encore de grandes améliorations à apporter. Au risque de me répéter, l’opacité de ce marché sera, à mon avis, toujours un frein au développement de la scène marocaine. Je suis bien conscient que ce problème se pose également à peu près partout dans le monde, mais à des degrés différents. Sur un autre volet, un des soucis que nous avons souvent affrontés particulièrement à Rabat, est le manque de coopération de certains clubs, voire dans certains cas l’absence totale de dialogue. Nous avons toujours entretenu une politique d’ouverture envers les différents acteurs de ce milieu, et nous pensons à la Récré qu’une meilleure coopération favoriserait cette scène déjà en pleine croissance.

Tes artistes favoris du moment ?

J’écoute vraiment de tout, mais si je me concentre sur les artistes marocains, j’apprécie énormément Nawfal, de chez les Apéros Electroniques, et plus globalement ce collectif et leur concept. Dans un style plus techno, Anas & Mehdi de chez Syndic8 ont réussi à créer une véritable communauté autour d’eux. Bien évidemment, il y aura toujours les fondateurs du collectif Moroko Loko pour nous servir d’exemple. Pour n’en citer qu’un, le grand Unes est notre mentor à tous. Il est impossible pour moi de répondre à cette question et de ne pas mentionner nos résidents à la RéCréation : BLG et Anass qui sont tous les deux des artistes accomplis et que j’écoute toujours avec immense plaisir. Il est bon de noter que si vous partagez mon avis, vous aurez l’occasion d’écouter tous ces artistes lors du troisième anniversaire de la RéCréation le 16 février prochain à la 5ème avenue .

Le DJ avec le quel tu aimerais partager les platines et pourquoi ?

Ça fait un bout de temps que j’ai déjà la réponse à cette question. Je ne l’ai pas mentionné jusque là, mais j’ai une très grande estime et admiration pour son talent musical : Pandi. Je ne le lui ai jamais vraiment dit, mais je pense que nos styles musicaux respectifs s’associeraient bien, et j’espère très sincèrement qu’il lira cette interview.

Un mot pour les futurs DJs au Maroc ?

Sincèrement, je fais moi-même partie des « futurs » DJ marocains, je me vois mal leur donner une parole « sage » du haut de mes trois ans d’expérience. Néanmoins, je peux relayer les mots qui m’ont été transmis par Amine K, Unes… à savoir qu’il faut toujours respecter le public, être réactif à l’énergie qu’il émet, tout en gardant toujours une part d’intégrité musicale. La chose la plus important qui m’a été répétée est de toujours garder la tête sur les épaules et les pieds sur terre.

Par Youssef Mirigue